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Coitus Interruptus

A Piece of Glam, Parka Burberry

Ne m’en voulez pas si je vous ressors la photo de vendredi dernier… Mais lorsque je l’ai publiée, j’étais encore loin d’imaginer que cette merveille de parka militaire vivait ses dernières heures à mes côtés, que notre histoire d’amour s’achèverait aussi brutalement… et qu’à l’heure où je vous parle, elle ne serait qu’un lointain et douloureux souvenir.

Si j’avais su, je l’aurais immortalisée sur toutes les coutures. Mais là, je remue le couteau dans la plaie…

Pourtant, lorsque j’ai pris la décision de me lancer dans cette aventure, tout laissait présager une relation durable, de celles qu’on n’entretient qu’avec un intemporel. Cette pièce qui parvient à vous convaincre de commettre le pire en vous promettant une fidélité sans faille. Et lorsqu’en plus, vous avez la bénédiction de votre homme, vous perdez le soupçon de discernement que vous aviez réussi à préserver et vous vous engouffrez dans le péché tête baissée.

Certes, j’ai eu des scrupules en apprenant que le col était en fourrure. J’ai pensé à cette petite bête qu’on a sacrifié pour satisfaire mes bas instincts de modeuse. Mais j’ai fini par me laisser convaincre par la mention « élevage » et par le fait que cet animal se mangeait apparemment quelque part dans le monde. Et puis, son contact sur ma peau était si doux, si chaud, si jouissif.

Certes, j’ai eu le temps de sympathiser avec toutes les vendeuses (et tous les miroirs) de la boutique avant de passer en caisse. J’ai pensé aux sacrifices que cette dépense entraînerait. Mais j’ai fini par me dire qu’un intemporel méritait parfois qu’on ferme les yeux sur ce qui n’était après tout qu’une étiquette.

Certes, je peux continuer à chercher tous les signaux que ma raison a désespérément tenté de m’envoyer ce jour-là. Mais la torture est vaine.

Car au bout de deux semaines à peine, celle qui était en passe de devenir un essentiel à mes yeux commençait à montrer quelques signes de lassitude. Déjà ! J’étais désemparée. Je ne voulais pas le croire. On m’a dit qu’un Burberry ne vous lâchait pas, qu’il était capable de traverser à vos côtés toutes les épreuves de la vie, aussi trépidante soit-elle. Mon trench me le prouve encore.

Les boutons du col amovible ont ouvert les hostilités. Je leur ai alors demandé de patienter en laissant planer la promesse d’une visite chez ma retoucheuse à notre retour de vacances. J’aurais dû me douter que notre passion commençait à s’essouffler. Que les papillons des premiers jours s’envolaient déjà.

Voyant que je refusais toujours de me rendre à l’évidence, la fermeture principale a décidé de s’effilocher à la naissance, lentement, insidieusement, faisant fi de mes pleurs et supplications. C’était donc bel et bien fini ?

Mon homme me répétait que « Oui ! »

Ma parka renchérissait.

Quant à moi, dans ma grande bienveillance, je lui trouvais encore des excuses. Je m’accusais de tous les maux, de ne pas avoir fait le nécessaire pour lui rendre tout le plaisir qu’elle m’avait procuré… ou, au contraire, d’avoir été trop entière, à vouloir l’avoir constamment à mes côtés. J’étais prête à entamer un travail sur moi-même, à me remettre en question, voire à alterner avec d’autres pièces reléguées jusqu’alors au fond de ma penderie.

Jusqu’à ce que je me laisse convaincre de la rapporter en boutique. Je pensais qu’à ce stade, l’intervention d’un spécialiste serait salutaire. J’étais intimement convaincue que cette consultation, à défaut de nous permettre de recoller les morceaux, redonnerait au moins une seconde chance à notre couple.

J’y ai cru ! Ou du moins, pendant quelques instants, lorsqu’on m’a garanti que la Maison pouvait l’envoyer en réparation… à moins que je ne préfère le remboursement.

Baisser les bras ? Il était hors de question ! Ma quête a été trop longue et mon investissement psychologique trop intense pour abandonner en cours de route. Allez pour la réparation !

J’y ai cru jusqu’à ce qu’un spécialiste brise nos rêves d’avenir en soulevant un gros défaut de fabrication. Décidément, l’amour… ça vous arrache les yeux ! La fermeture ne pouvait techniquement pas être remplacée. Il fallait tout démonter ! L’intervention était trop complexe et risquée, et une simple réparation ne ferait que colmater la plaie, sans traiter le mal à sa racine. Cette parka était condamnée d’avance à l’acharnement thérapeutique et moi aux plaisirs inassouvis.

Je l’avoue, il y eut d’abord des pleurs. Puis ces mêmes pleurs ont laissé place à une résignation que je ne me connaissais pas. J’étais soulagée, je n’avais donc rien à me reprocher.

Pendant une fraction de secondes, j’ai cru l’entendre me supplier de lui laisser une seconde chance, elle avait désormais compris et elle ferait de son mieux pour me prouver qu’elle était encore digne de mon amour. Je la voyais abandonnée sur le papier de soie, il ne restait plus grand-chose de sa splendeur des premiers jours. Dans une autre vie, sa déchéance aurait éveillé ma pitié, mais il était trop tard, elle a trahi ma confiance et je ne pouvais plus envisager notre relation aussi sereinement.

Ma décision était prise… Cette fois, mon amour, c’est fini !

 


 

Don’t blame me if I’m posting the same photo than last Friday… But when I published it, I didn’t know yet that this wonderful military parka was spending the last day by my side, that our love story would end so suddenly… and that by the time I’m speaking, it would only be a painful souvenir.

If I only knew that, I would’ve taken more photos with it. But I shouldn’t rub it in.

When I decided to start this love affair, every single detail foreshadowed an everlasting relationship, of those you only have with a timeless wear. Those clothes that can make you do anything just because they promised you an unfailing love. And if you can get the blessing of your boyfriend, the sin gets easier.

Okay, I felt uncomfortable about the collar being in real fur. I thought of this little beast and how it was sacrificed to satisfy my fashionista’s basic instincts. But I was finally convinced by the fact that this animal came from a breeding. Besides, the touch of it on my skin was so soft, so warm, so delightful.

Okay, I had time to sympathize with all the saleswomen (and mirrors) of the store before I decided to buy it. I thought that the price was a huge sacrifice. But I ended up thinking that timeless clothes are worth the cost.

Okay, I can keep on searching for every single signal my reason desperately tried to send me that day. But what for?

Because after two weeks, once it almost became an essential in my eyes, this parka started to fail me. I was distraught! How come? I couldn’t believe it! I’ve been told that a Burberry never fails you, that it was able to stand by your side in every situation, even the worst. Even my trench proved it.

It all started with my collar buttons. I asked them to wait and promised them a visit to my tailor once we were back from holiday. I should’ve seen that our passion was already fading.

Then the main zip fastener decided to rope, slowly, insidiously, thus ignoring my tears. Was it really over?

My boyfriend said « Yes! »

My parka did so.

As for me, I was still hanging to any excuse. I even thought the problem came from me, maybe I didn’t know how to give it back all the love it gave to me… Or maybe I shouldn’t have loved it that much.

But my boyfriend finally convinced me to take it back to the store. I thought that maybe an expert could do something for us. I was convinced that this visit would give us a second chance…

I believed it! Or at least for a few seconds, when the saleswoman told me that Burberry could fix the the whole thing… otherwise I could be refund.

No way! I wouldn’t give up that easily! I’ve been looking for this parka for ages and my psychological investment was already to strong. Just fix it!

I believed it until an expert broke our dreams by telling me there was a huge manufacturing defect. Love makes you blind! The zip fastener couldn’t be replaced, unless they take the whole coat to pieces. It was too complicated and a simple seam would only seal it for a while. This parka was already condemned.

I admit I first cried. Then my tears gave way to a resignation I didn’t expect coming from me. I was relieved, it wasn’t my fault.

For a second, I thought I heard it begging me to give it a second chance, it now understood and it would do its best to prove that it was still worth my love. I saw it abandoned on counter, it had lost all its splendor. In another life, I would’ve listened to its voice full of pity, but it was too late, it betrayed me and I knew I wouldn’t get over it.

I made my mind… This time, my love, I’m leaving you!

48 commentaires

  1. RIP belle parka ! tu n'as vraiment pas eu de chance… mais bon, les amours passionnés finissent souvent dans une hécatombe, comme nous l'enseignent les tragédies raciniennes. Il ne me reste qu'à te souhaiter bon rétablissement, que ton coeur de modeuse cicatrise vite (pour retourner chercher une parka) (non, résiste, prouve que tu exiiiistes !

  2. J'adore le ton de ton article ! Mais une parka Burberry qui a cette durée de vie là, c'est limite un scandale… c'est dingue qu'ils ne te proposent rien, surtout que tu l'as portée avec amour ^^

  3. Je suis épatée par ta plume Manal! Tu as presque réussi à me tirer une larme pour ta parka :-) En tous cas, c'était bref mais intense, et comme on dit : une de perdue, 10 de retrouvées!
    Bisous bisous

  4. Article absolument brillant, merci de renouveler un peu le genre, de temps en temps, ça fait du bien… RIP, petite parka. Je crois qu'il existe des groupes de thérapies pour ce genre de deuils, tu devrais te renseigner. Histoire de ne pas reporter sur ta prochaine parka la défection de la précédente.

    http://www.mamzette.com/

  5. J'adore ton texte ! Même si cette histoire est tragique… ;)
    ça ne m'est encore jamais arrivée mais ça doit faire très mal au coeur, surtout quand on a payé cher.
    Tu en trouveras une autre et cette fois elle aura une longue vie j'en suis sûr ! :)
    Bisous

  6. Quel dommage! Je trouve ça hallucinant que des produits puissent se deteriorer aussi vite par contre…

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